Quand j'avais un petit voilier, j'enviais les motonautes aux moteurs rugissants, capables de s'arrêter net. J'ai !!! Enfin ... 50 CV, mais j'ai ...
Et j'envie désormais les voiliers, qui virent malgré le vent ... car embouquer une place de catway ressemble au salaire de la peur avec mon modeste esquif quand un vent de 40 - 50 km/heure arrive à 90 degrés. Non, c'est pas la chaleur.
Pour éclairer la suie du récit, je dois confesser aussi ...
Que je suis né distrait, mais avec deux mains gauches pour compenser cela,
que ma vue est un rien déficitaire,
que je boite (très) bas,
que je suis un rien dur de la feuille.
Je serais en mal de diagnostiquer laquelle des toutes ces infâmies serait sur la première marche d'un podium, et laquelle entraîne le plus de rigolades après-coup quand j'en réchappe sans casse excessive.
Hier était le dernier jour de liberté, et je décidai de récupérer mon bateau qui, depuis mai est au ponton d'un lac à vocation hydro électrique. C'est un Merry Fischer 480. Bien que j'aie été adorable avec mon épouse, elle ne voulait pas aider son homme. Je lançai un appel à un répondeur ami.
Ahhh ... Y'a person qui répon ? J'irai donc seul affronter le lac. Il n'y a pas un gramme de vent, ni un nœud, d'ailleurs. Je m'y colle seul, avec l'angoisse légère des bourdes inqualifiables que je risque de faire. Car j'en trouve toujours ...
Sitôt sur le bateau, j'enroule savamment un mouillage de 25 mètres, une longue laisse qui servira plus tard. Puis j'ajoute du stabilisateur dans l'essence de mon réservoir, puis je fais un pointe de vitesse sur le lac en guise d'au revoir et pour mélanger tout ça.
Commencent les choses sérieuses (pour un gars comme moi) ... Sans sondeur (Laurence m'a trahi), je viens au ponton, au ras de la rive et je m'y arrime. Attache en deux points, dont l'un sera trop haut quand je voudrai le détacher. Pas raclé le fond, ouf !
Installation du treuil électrique made in Bataclo, branchement, essai ... OK ! En 15 manœuvres, je recule ensuite sur la cale et je noie les roues de la remorque. Mon waders me permet de ramener
Marina en laisse. C'est son nom, inchangé. Aucun problème pour aligner le bateau et c'est parti pour le treuil. Oups... Le treuil n'est pas correctement installé sur la console. Je le réinstalle correctement ...
Et j'enroule. C'est presque fini quand le bateau se met un peu de travers, je recommence, re-recommence. Je décide de reculer un peu plus, trempant par mégarde dans l'eau la prise-antenne arrière de mes feux "radio". Que j'avais pensé à enlever. Un sympathique responsable vient à mon secours, mais mon treuil n'est toujours pas installé correctement : la lame, à l'arrière n'est pas entrée dans la fente, tout se met debout à la traction

. Il faut être très con, très bigleux, très maladroit, je sais.
La suite se passera bien. Il fait nuit mais je parviens à reculer correctement dans mon chemin.
Mais ce n'est pas tout. J'avais ôté la joue jockey pour ne pas risquer de la perdre, et quand je veux la remettre pour libérer le SUV, il n'y a plus la vis coudée . S'ensuivent divers essais pour libérer ma voiture pour ma douce, car le garage se trouve obstrué et sa voiture captive.
Quand on est distrait, maladroit et bigleux, c'est pour longtemps. Enfin, j'espère !

NB Je crois avoir compris que pour que le bateau ne se mette pas de travers en cours de treuillage, il importe d'être bien parallèle à la pente de la cale. Ce n'était pas le cas.